samedi 16 mai 2009

Ascendance de Jean Morand

Les ascendants patronymiques de Jean Morand présentés dans cet article sont les suivants :

Jean morand ( 1872-v.1930), épicier, serveur
Jean Morand (1833-1903), métayer
Pierre ("Antoine") (1799-1872), métayer
Antoine Morand (1768-?), métayer
Mathieu Morand (v.1745-1784), tisserand
Joseph Morand (v.1715-1799), blanchisseur
Claude Morand (v.1670-1738)


Jean Morand est né le 19 mars 1872 au domaine de la Richardière Molles. Il est le fils de Jean Morand et de Magdeleine Colombier. Il  épouse Jeanne (dite « Marie ») Fayet à Lachaux le 24 janvier 1896. Le couple s'installe sur cette commune, d’abord comme cultivateurs, puis, à partir de 1902, comme épiciers. L’été, Jean Morand quitte Lachaux pour trouver un emploi de serveur dans les établissements vichyssois qui accueillent les curistes. Jean et Marie ont neuf enfants entre 1897 et 1919 (1).
Il est décédé à Lachaux vers 1930.

(1) voir article intitulé “la famille Morand à Lachaux”).


Photo : Jean Morand (à gauche) et son gendre Jean Cartailler (à droite). La photographie a vraisemblablement été prise à Vichy dans les années 20.

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Jean Morand est né le 14 juin 1833 au domaine de la Richardière à Molles. Il est le fils de Pierre (dit “Antoine”) Morand et de Marie Morlat. À 22 ans, il a épousé Magdeleine Colombier, la fille d’un cultivateur originaire du domaine des Grands Nauds à Molles. Les époux se sont installés comme métayers au domaine de la Richardière où sont né leurs six enfants entre 1856 et 1872. Par la suite, ils ont quitté Molles pour s’installer au village de Beaudecroux (Arronnes) (1), puis dans le bourg de Lachaux où ils ont rejoint au moins deux de leurs enfants.
Il est décédé à Lachaux le 4 mai 1903, à l’âge de 69 ans.

(1) source : mariage de Claudine Françoise Morand, Arronnes, 1876 / décès de Pierre (Antoine) Morand, Molles, 1872.


Arbre : les enfants de Jean Morand (1833-1903) et Magdeleine Colombier

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Pierre (dit « Antoine ») Morand est né le 23 vendémiaire de l’an VIII (15 octobre 1799) au domaine Gravoin à Molles. Il est le fils d’Antoine Morand et de Marie Beauparlant. Le 22 septembre 1818, il a épousé Marie Morlat à Molles. À cette date, il habitait toujours à Gravoin, où il était métayer. Les époux se sont ensuite installés au domaine de la Richardière où sont nés leurs sept enfants entre 1819 et 1835. Après le décès de se femme en 1855, il s'est installé au Frédor, un autre domaine de la commune de Molles, où il est décédé à l'âge de 72 ans.


Arbre : les enfants de Pierre (Antoine) Morand (1799-1872) et Marie Morlat

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Antoine Morand est né le 23 février 1768 au domaine Toquin à Arfeuilles. Il est le fils de Mathieu Morand et de Marie Charasse. À 23 ans, il a épousé Marie Beauparlant à Molles. Les époux se sont installés dans cette commune, au village Gravoin. Ils y ont eu neuf enfants entre 1793 et 1810.


Arbre : les enfants d'Antoine Morand (1768-?) et Marie Beauparlant

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Mathieu Morand est né vers 1745 (au Breuil ? ). Il est le fils de Joseph Morand et de Jacqueline Fouché. À 22 ans il a épousé Marie Charasse à Arfeuilles. Il s’est alors installé comme tisserand au village Toquin situé sur cette commune. Après 1780, toute la famille quitte ce lieu pour la commune de Molles où naissent les derniers enfants.
Il est décédé à Molles le 3 décembre 1784 à l’âge d’environ 39 ans.


Arbre : les enfants de Mathieu Morand ((v.1745-1784) et Marie Charasse.
Cette famille est à l'origine de la plupart des personnes portant le nom de Morand à Molles après 1780. Gaspard et Michel y ont ainsi transmis à leurs enfants leurs professions respectives de sabotier et de tailleurs d'habit.

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Joseph Morand est né vers 1715. Il est le fils de Claude Morand et de Françoise Depeu. À dix-sept ans il a épousé Jacqueline Fouché, âgée quant à elle de seulement 16 ans. La cérémonie s’est déroulée en l’église du Breuil en présence des parents qui ont du autoriser ce mariage précoce qui n’était pas chose si courante. Leur premiere fille, Gabrielle, est née l’année suivante le 4 octobre 1737. De 1738 à 1745, ils n’ont pas eu d’enfants enregistrés sur les registres du Breuil. On sait pourtant qu’ils ont eu au moins un garçon, Mathieu, au cours de cet intervalle. Soit toute la famille avait quitté la commune (peut-être à la suite du décès de Claude Morand, le père de Joseph, en 1738), soit les accouchements avaient lieu dans une autre paroisse.
À partir de 1746, les enfants furent de nouveau inscrits sur les registres du Breuil. Au moins dix nouveaux enfants sont nés après cette date.
Au cours de ces années, la profession la plus souvent mentionnée pour Joseph Morand était celle de blanchisseur. Une seule fois, il est qualifié de journalier.
Joseph est décédé au Breuil le 27 août 1799, à l’âge d’environ 80 ans.


Arbre : les enfants de Joseph Morand (v.1715-1799) et Jacqueline Fouché.

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Claude Morand est vraisemblablement né vers 1670. Il a épousé Françoise Depeu à Châtel-Montagne le 12 juin 1697. Il est décédé au Breuil le 16 janvier 1738, à l’âge d’environ 72 ans.


Arbre : les enfants de Claude Morand (v.1670-1738) et de Françoise Depeu.

lundi 11 mai 2009

Une famille de commerçants artisans à Lachaux à la fin du XVIIIe siècle.


Marie Bigay est née le 14 juillet 1809 à Lachaux. À 25 ans elle a épousé Claude Fayet, un coutelier du bourg de sa commune. Son ascendance montre les liens qui existaient entre les artisans de Lachaux. Son père et son grand-père paternel exerçaient le métier de tailleurs d’habits. Sa mère était issue d’une famille de cabaretier. Deux de ses fils sont devenus couteliers et ses filles ont épousé un charpentier et un sabotier. (voir article "ascendance de Marie Fayet" et une photographie dans l’article "ascendance de Blaisias Constant")




Arbre : les ascendants de Marie Bigay (1809-1874)



Photos : façades dans le bourg de Lachaux. Les ouvertures sont ici typiques des ateliers de coutellerie qui existaient dans tous les villages de la montagne thiernoise.  

vendredi 8 mai 2009

Une communauté en 1783

Les communautés familiales, héritières des communautés taisibles apparues en France au XIIIe siècle, se caractérisaient par la réunion sous un même toit de plusieurs ménages généralement unis par des liens familiaux et vivant en commun, «au même pot et au même feu», selon la formule traditionnelle.
Les membre de la communautés étaient nommés parsonniers et vivaient sous l’autorité du maître qui exerçait une véritable autorité morale sur tous les membres du groupe. La taille de ces communautés était très variable, les plus grosses pouvaient compter plusieurs dizaines de personnes.
Le cas présenté ci-dessous a été reconstitué à partir de quelques actes d’état-civil et d’un acte notarié. Il s’agit d’un contrat de mariage qui précise les conditions d’entrée de deux jeunes femmes dans la communauté dirigée par Jean Audin. Le document ne mentionne pas l’existence d’autres éventuels parsonniers, mais ce n’était peut-être pas la règle pour un contrat de mariage.




Mariage de George Audin et Margueritte Friaud et de Hugue Audin et Antoinette Bourdois
le 3 octobre 1783 :

"Par devant les notaires royaux soussignés sont comparus Jean Audin et sous son authorité Elisabeth Tixier sa femme et sous leur authorité commune procédant George et Hugue Audin leurs enfans locataire communs et personnier demeurant ensemble en la paroisse de Chemilly d’une part,
Pierre Bourdois aussy locataire voeuf de Anne Moret, a présent mary et maitre des droits de Michelle Bardot, veuve de Louis Friaud laquelle Bardot ledit Bourdois a volontairement presté son authorité pour la validité des présentes procédant encore sous l’authorité dudit Bourdois Antoinette Bourdois sa fille te de ladite déffunte Anne Moret sa première femme, ladite Michele Bardot en vertue de l’authorité cy dessus a elle presté a authorizée Margueritte Friaud demeurant chez ledit Bourdois et sa femme en la paroisse de Besson et laditte Margueritte Friaud domestique en celle de Chemilly d’autre part lesquels parties de l’avis et conseil de leurs parens et amis cy après nommés ont fait arrêté les conventions des mariages qui suivent :

C’est à savoir que ledit Georges Audin et laditte Margueritte Friaud, ledit Hugues Audin et laditte Antoinette Bourdois, authorizées comme dessus ont promis de se prendre en légitime mariage à la première réquisition de l’un d’eux, en observant les constitutions canoniques. Lesdits mariages faits et accomplis, seront les futures tenues d’aller faire leurs demeures avec leurs futurs et leurs communs avec lesquelles elles feront communes en tous biens meubles de présent et avenir et conqueste immeubles à faire pendant leur communautté, chacun pour une portion de six dont deux appartiendrons audit Jean Audin et à Elisabeth Tixier sa femme qui serons les maître chefs et gouverneur de la communauttée générale, deux autres pour George Audin et Margueritte Friaud futurs et les autres audits Hugue Audin et à laditte Antoinette Bourdois aussy futurs, faisant lesdittes six portions dont sera composé la susdite communautée pour acquérir droit en laquelle par lesdits futurs et rendre lesdittes portions égalle laditte Margueritte Friaud c’est constitué en dot la somme de quinze livres qu’elle a payé avant ces présente audit Jean Audin chef de ladite communauté dont quittance et a laditte Friaud déclaré que la somme de quinze livres provient de ses épargnes gages et salaires.

Et de la part de ladite Michelle Bardot mère de laditte future elle l’a institué son héritère de tout ses biens dont elle mourera vêtu et saisie par ycelle portion avec les autres enfans qu’elle se trouvera au jour de son décès et pour tenir lieu à laditte Friaud futur des biens qui luy son échus par le décès dudit Louis Friaud son père laditte Michel Bardot authorizée comme dessus conjointement et solidairement avec ledit Pierre Bourdois son mary ont promis et s’obligent par la présente de délivrer à ladite future la veille des épouzailles ou dans un autre tems qui sera cy après fixé par lesdittes parties à savoir quatre draps pour la somme de dix-huit livres, un coffre aussy pour neuf livres et quatre serviettes pour la somme de quatre livres seize sols, tous lesquels meubles serons payé et délivrés par ledit bourdois et sa femme auxdits futurs comme il est dit cy dessus la veille des épouzailles excepté un drap et quatre serviettes qui ne serons payés que d’aujourd’hui d’aller de présente en trois ans.

Et de la part dudit Pierre Bourdois il a institué laditte Antoinette Bourdois sa fille, future son héritère par égalle part et portion avec Pierre Bourdois son fils de tous les biens dont il mourera vêtu et saisi sous la réserve de ses outils de tisserant qui appartiendrons tous après son décès audit Pierre Bourdois son fils. Par forme de […] et en avancement de sa future succession, il a constitué en dot à la future sa fille la somme de quinze livres, plus quatre draps, des garnitures de lit, un coffre et quatre serviettes laquelle somme et meubles ledit Bourdois a promis de payer et délivrer auxdits futurs la veille des épouzailles excepté la somme de quinze livres, un drap et quatre serviettes qui ne serons par luy payés que d’aujourd’huy date des présentes en trois ans sans intérest déclarant ledit Bourdois que les meubles cy dessus par luy constitué à laditte future sont de valeur de la somme de quarante deux livres et tiendrons lieu à laditte future des biens qui lui sont échut par le décès de laditte Anne Moret sa mère.

Lesdits Jean Audin et sa femme ont constitué auxdits futurs leurs fils chacun une sixième portion en laditte communauté générale qu’ils ont déclaré être de valeur des dots de chacune leur future et ont déclaré lesdits futurs et futures n’avoir point d’autres biens que ceux ci dessus expliqués.
Dissolution de la communauté particulière d’entre les futurs et futures arrivant par mort ou autrement les futurs aurons le choix de l’accepter ou de la renoncer.
En y renoncant elle retirerons chacune tout ce qu’elle y aurons porté et payé avec ce qui leur échera d’ailleurs à quelque titres que ce soit, le tout franc et quitte de toute dette desdites communautés particulières quoy quelles y fussent obligées où condemnées pour l’indemnités desquelles obligations ou condamnations qu’elle se trouveront avoir contracté elle aurons hipothèque chacune sur tous les biens de leurs futurs à compter de ce jour.
Le même choix d’accepter ou de renoncer auxdites communautés avec le droit de reprise seront transmissibles aux enfans qui naîterons des présents mariages.

Douaire ayant lieu, les futurs auront pour tout douaire pour une fois payés et sans retour par les héritiers de leur futur chacune la somme de trente livres. Au cas de non enfans et avec enfans il n’y aura point de douaire, le cas contraire les futures décédants avant leurs futurs sans enfans des présents mariages ou yceux déffaillants lesdits futurs serons tenus de rendre aux héritiers de leurs futures tout ce qu’ils auront reçu d’elles […] excepté les meubles cy dessus constitués auxdittes futures qui leur appartiendront pour subvenir aux frais funéraires ou la somme à laquelle ils ont été évalués aux choix desdittes héritières

Au présente est intervenu Jean Friaud majeur de droit fils de déffunt Louis Friaud et de laditte Michelle Bardot demeurant en a paroisse de Besson lequel de son gré a fait par ces présentes cession, transport et abbandon sans aucune garantie ny restitution de denier pour quelle excuse et raison qui se puisse estre audit Pierre Bourdois son beau-père et à laditte Michelle Bardot sa mère icy présente et acceptant savoir tout ce qui peut appartenir audit ceddant Comme héritier dudit deffunt Louis Friaud son père et enquoy laditte succession puisse consister à la charge par lesdits acceptants de garantir ledit ceddant de toutes dettes et charges hipoteques dont peut ou pourais grevée laditte succession et de faire en sorte que ledit ceddant n’en soit […] ny recherches sous les peines de droit, laditte cession faitte moyennant la somme de douze livres laquelle somme ledit Bourdois a promis de payer d’aujourd’hui en trois ans sans interest.

Pour les autre clauses dont mention n’est faitte aux présentes les parties se régiront suivant la coûtume du Bourbonnais à laquelle elles se sont soumise dérogeant à toutes autres qui auraient des dispositions contraires car l’ont voulu lesdittes parties consenti et accepté, obligeant et promettant.

Fait et passé au bourg et paroisse dudit Besson en présence desdits notaires soussignés et de Jacques Bardot, oncle de ladite Friaud future, vigneron demeurant en laditte paroisse de Bressolles témoin qui a avec toutes les parties déclaré ne savoir signer de ce enquis le trois novembre mil sept cent quatre vingt trois

REIGNIER GEOFFROY

Enregistré à Souvigny le dix sept novembre 1783. Reçu trois livres dix sept sols six deniers. Insinué audit lieu ledit jour reçu trente sols"


(source : AD03 3E6861)